L'Atelier du Roman n° 124
Lire et relire Rabelais (IV) – XIIe Rencontre de Thélème
Ce numéro est le fruit de la quatrième et dernière Rencontre de Thélème consacrée au cycle thématique «Lire et relire Rabelais». Les articles publiés dans ce numéro ont été rédigés bien après les discussions qui ont eu lieu à Chinon l’automne dernier. Ces discussions, comme l’indiquait le texte d’appel, devaient «impliquer l’auteur de Pantagruel dans les enjeux et les énigmes de notre monde». Rien d’étonnant alors à ce qu’on trouve dans ces pages des réflexions sur Rabelais associées à des réflexions sur l’IA, les romanciers contemporains, le cinéma, les parcs d’attraction et l’éternel retour des guerres picrocholines. À côté de la matière «rabelaisienne», signalons deux importants articles de fond. Le premier, de Reynald Lahanque, sur Guerre & guerre de László Krasznahorkai (prix Nobel 2025), le deuxième, de Raphaël Arteau McNeil, sur La Fille de Bohême d’Alexandre Papadiamantis. Le reste de la matière (chroniques, critiques et écrits satiriques), en dehors de sa valeur propre, souligne et renforce le caractère cosmopolite et polyphonique de la revue.
Sommaire
-
SOMMAIRE
L'Atelier du Roman n° 124Lire et relire Rabelais (IV) – XIIe Rencontre de Thélème
SOMMAIRE
Ouverture
Jacky Vellin, La guerre picrocholine
Massimo Rizzante, Rushdie et les autres réalistes de l’imagination
Stéphane Kerber, Rabelais contre l’intelligence artificielle
Lakis Proguidis, Le style à l’épreuve du romanesque
Isabelle Marrier, De la lecture faible
Olivier Maillart, Corps grotesques, corps burlesques
Jean-Baptiste Para, En compagnie de Rabelais
Charlotte Abramovitch, Sous l’invocation de Rabelais
Andrea Inglese, Rabelais ou le roman comme remplissage du monde
François Taillandier, De l’académisme et de la liberté
Thierry Gillybœuf, On a dynamité Gargantua
À la une : Yves Lepesqueur
Critiques
Reynald Lahanque, L’incertitude, la guerre, la beauté – Guerre & guerre, de László Krasznahorkai
Fabrice Châtelain, Et pourtant l’humain – Les Terres mortes, de Gabriel Boksztejn
Lenka Hornakova-Civade, Et l’histoire de Hašek continue – À bas le pouvoir, Nouvelles satiriques
Juan Asensio, Un grand roman célinien oublié : Les Français de la décadence, d’André Lavacourt
Raphaël Arteau Mcneil, Le roman de l’oubli et des premières fois – La Fille de Bohême, d’Alexandre Papadiamantis
À la une : Marion Messina
Au fil des lectures
Isabelle Daunais, « C’était une belle journée de 1913 »
À la une : Yann Brunel
De près et de loin
Lakis Proguidis, De la langue de bois à la langue à la carte
Patrice Charrier, Bêtise naturelle contre intelligence artificielle
Reynald Lahanque, Intelligence artificielle – poème Ouverture
-
OUVERTURE
L'Atelier du Roman n° 124Lire et relire Rabelais (IV) – XIIe Rencontre de Thélème
Il y a un an, l’« Ouverture » du numéro consacré à la troisième Rabelaisiade commençait ainsi : « Dans ce numéro se côtoient le lointain passé et le proche avenir. Cela commence avec les prouesses de Pantagruel et se termine avec les exploits de Silicon Valley. » Le hasard a voulu que nous nous trouvions aujourd’hui dans la même situation : ce numéro commence par nos souvenirs des géants d’antan et s’achève avec une réflexion (Patrice Charrier) et un poème (Reynald Lahanque) sur l’intelligence artificielle.
★★★
Lire et relire Rabelais. Quatrième et dernière Rencontre de Thélème consacrée à ce sujet. À partir de cette année nous inaugurons un nouveau cycle : « L’intelligence romanesque ».
★★★
Je tiens à remercier la Région Centre-Val de Loire, la Communauté de communes Chinon Vienne et Loire et l’association Autour de Babel. C’est grâce à leur soutien que les Rencontres de Thélème ont été reconduites d’année en année. Je tiens aussi à remercier Denis Wetterwald, Michel Garcia et Françoise Bergot pour leur aide inappréciable à l’organisation de cette Rencontre.
Les textes publiés ici furent rédigés bien après la discussion qui a eu lieu à Chinon l’automne dernier.★★★
Thierry Gillybœuf n’a pas été l’un des participants de cette Rabelaisiade. Mais c’est comme s’il y était : par le passé, il a participé à deux autres Rabelaisiades et n’a cessé à aucun moment de s’y intéresser. Il a alors été tout à fait naturel que nous l’invitions pour conclure cette aventure par un article exceptionnel !
★★★
La raison d’être de L’Atelier du roman, ne l’oublions pas, est de promouvoir un dialogue esthétique autour de l’art du roman. Ce que fait de manière exemplaire Isabelle Daunais dans sa chronique. Et les autres chroniques ? Si elles parlent ici des musées (Yves Lepesqueur), plus loin de l’amour (Marion Messina) et plus loin encore de l’intelligence artificielle (Yann Brunel), sont-elles, ces chroniques, également accordées à la basse continue de la revue ? Bien sûr. Il faut de tout pour parler de l’art en général et du roman en particulier.
★★★
Vingt années se sont écoulées depuis la mort de Philippe Muray. Un vide que rien ni personne ne saurait combler. Tu es parti là-haut, cher Philippe, en amenant avec toi Homo festivus. En nous laissant, ici-bas, en compagnie de son double : Homo bellicus.
★★★
Ce n’est pas seulement Rabelais qu’il faut lire et relire, il y en a tant d’autres. Tant d’autres comme, par exemple, Jaroslav Hašek (Lenka Hornakova-Civade). Sans parler de ces grands qu’il faut arracher de l’oubli, comme par exemple André Lavacourt (Juan Asensio) et Alexandre Papadiamantis (Raphaël Arteau McNeil).
★★★
Dans Le Prosne du ioyeulx curé de Meudon, il [Balzac] s’amuse même à le faire surgir en personne, comme personnage, à la cour du roi Henri II, où il lui fait raconter une aventure inédite de Gargantua. Ce n’est plus Rabelais, alors, qui entre dans la gorge de Pantagruel, c’est Balzac qui parle de Gargantua par la bouche de Rabelais. On peut regarder cette espèce de ventriloquie comme un des grands moments de l’histoire du roman.
(Philippe Muray, « Un passeport pour la pensée », L’Atelier du roman, no 5, hiver 1995.)★★★
Et comme cela se doit, un atelier est ouvert aussi bien à l’œuvre d’un écrivain qui vient de recevoir le prix Nobel (ici, Reynald Lahanque écrit sur Guerre et guerre, de László Krasznahorkai) qu’à un premier roman, ici Les Terres mortes, de Gabriel Boksztejn (Fabrice Châtelain).
★★★
La langue et encore la langue (celui qui signe).
★★★
Infinis remerciements à Pascal Ruiz. Sa performance à la clôture du Thélème 2025 a été un éblouissement. Il a récité en entier le prologue de Pantagruel. Un miracle. Ne le ratez pas : ICI
L. P.