Couverture du n° 125 de L'Atelier du RomanL'Atelier du Roman n° 125

Pourquoi sommes-nous sans nouvelles? 
- Suite sans fin

 

 

Quoique ce numéro porte le même titre que le numéro 121 du mois de juin 2025, il diffère sur l’esprit sous lequel est abordé le fait de la quasi-absence de la nouvelle de notre paysage littéraire. Il y a un an, l’accent était mis sur les conditions pour ainsi dire extérieures qui empêchent la «visibilité» de la nouvelle. Dans ce numéro, le propos concerne l’esthétique de la chose : la plupart des collaborateurs se penchent sur l’histoire et la valeur artistique propre à la nouvelle. Tout naturellement, cet intérêt pour la nouvelle prolonge et enrichit l’intérêt permanent de L’Atelier du roman pour faire dialoguer l’art du roman avec les énigmes du monde actuel. Ainsi, dans le reste de la matière nous parlons des œuvres d’hier (entre autres, Richard Jorif, Leonardo Sciascia, Italo Calvino) et de nos jours (entre autres, Miki Liukkonen, Pia Petersen, Laurent Mauvignier), propices à animer ce dialogue. Et nous parlons aussi d’Eyes wide shut de Stanley Kubrick, un film prophétique sur l’état de notre société d’aujourd’hui.

Couverture du n° 125 de L'Atelier du RomanL'Atelier du Roman n° 125

Pourquoi sommes-nous sans nouvelles? 
- Suite sans fin

 

 

Quoique ce numéro porte le même titre que le numéro 121 du mois de juin 2025, il diffère sur l’esprit sous lequel est abordé le fait de la quasi-absence de la nouvelle de notre paysage littéraire. Il y a un an, l’accent était mis sur les conditions pour ainsi dire extérieures qui empêchent la «visibilité» de la nouvelle. Dans ce numéro, le propos concerne l’esthétique de la chose : la plupart des collaborateurs se penchent sur l’histoire et la valeur artistique propre à la nouvelle. Tout naturellement, cet intérêt pour la nouvelle prolonge et enrichit l’intérêt permanent de L’Atelier du roman pour faire dialoguer l’art du roman avec les énigmes du monde actuel. Ainsi, dans le reste de la matière nous parlons des œuvres d’hier (entre autres, Richard Jorif, Leonardo Sciascia, Italo Calvino) et de nos jours (entre autres, Miki Liukkonen, Pia Petersen, Laurent Mauvignier), propices à animer ce dialogue. Et nous parlons aussi d’Eyes wide shut de Stanley Kubrick, un film prophétique sur l’état de notre société d’aujourd’hui.

Sommaire

SOMMAIRE

Couverture du n° 125 de L'Atelier du RomanL'Atelier du Roman n° 125

Pourquoi sommes-nous sans nouvelles? 
- Suite sans fin

SOMMAIRE

Ouverture

Anne Serre, Le point incandescent d’un drame
Marlène Soreda, Maquette à démonter
Laurent LD bonnet, Une étrange paresse
Yves Lepesqueur, « Pas de nouvelles » ou « bonnes nouvelles » ?
Marie Sellier, Hygiène de la nouvelle
Jean-Jacques Nuel, Questions de longueurs
Dominique Carron, Ce qui importe
Ella Balaert, De l’art du condensé au travail de condensation
Joël Glaziou, Pourquoi pas un petit éloge de la micro-nouvelle
Reynald Lahanque, László Krasznahorkai : l’art de la nouvelle
Olivier Maillart, Does size matter ?
Samuel Bidaud, Pourquoi la nouvelle ?
François Grosso, L’image dans le tapis
Joël Roussiez, La nouvelle et l’actualisme du roman
Bernardo Toro, La Suite – Plaidoyer pour un nouveau genre littéraire
Didier Castelan, Éloge des cerfs-volants
Lakis Proguidis, Cités parallèles

À la une : Théo Ananissoh

Critiques
Baptiste arrestier, D’un abîme à l’autre – O, ou traité universel sur le pourquoi des choses, de Miki Liukkonen
Thierry Gillybœuf, Le Littré et Mai 68 – Pour Richard Jorif
Laurent LD Bonnet, Hurler dans le désert – La Littérature d’ameublement, 
de Mathieu Terence
Thomas Arteau, Les femmes et les hommes – La Maison vide, de Laurent Mauvignier
Grégory Rateau, Laboratoire du réel – Dog Fiction, de Pia Petersen

À la une : Trevor Cribben Merrill

De près et de loin
Florent Duffour, Le réel démasqué – Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick
Yann Brunel, À Michèle
Gabriel Boksztejn, La théorie de la moumoute

Au fil des lectures
Massimo Rizzante, Télémaque lit la correspondance Calvino-Sciascia

 

Ouverture

OUVERTURE

Couverture du n° 125 de L'Atelier du RomanL'Atelier du Roman n° 125

Pourquoi sommes-nous sans nouvelles? 
- Suite sans fin

 

Un an après notre numéro consacré à la quasi-absence de la nouvelle dans notre paysage littéraire, voici un deuxième numéro sur le même sujet. La parution du « premier » a donné lieu à un débat public organisé, le 10 juin 2025, à la SGDL autour de notre initiative pro-nouvelle. La manifestation, podcastée depuis, a connu assez de succès pour qu’une suite soit souhaitée. La voilà.

Il ne s’agit pas ici d’un essai pour augmenter le volume de ce qui a déjà été fait. Grâce aux nouveaux participants le regard change de direction. Si, dans un premier temps, on s’était penché sur les conditions pour ainsi dire extérieures qui empêchent la diffusion et l’épanouissement de la nouvelle, le présent numéro met l’accent sur la réflexion concernant la valeur intrinsèque de la nouvelle, son esthétique et ses relations avec les autres arts.
Infinis remerciements à Belinda Cannone pour son aide amicale à élargir la liste des participants.

La nouvelle… S’occuper du sort et de la raison d’être de la nouvelle au moment où le monde s’écroule et les scandales éclatent l’un après l’autre… Eh bien, oui ; à chaque désastre collectif on se pose la même question : à quoi sert l’art ? Maintenant, à rien. Maintenant il est trop tard. Parce que l’art a accompli son œuvre bien avant que le mal ne s’affiche au grand jour. Exemple : Eyes Wide Shut, de Stanley Kubrick (Florent Duffour).

Cela ne signifie pas qu’on trouvera dans la littérature actuelle, pour revenir à nos moutons, des œuvres aptes à nous éclairer sur ce qui nous attend (Laurent LD Bonnet à propos de La Littérature d’ameublement, de Mathieu Terence).

Je ne suis probablement pas le premier à remarquer que dans la conjoncture actuelle, le projet humaniste, univers nouveau qui a commencé d’exister voici un peu plus de six cents ans, et dont le roman est une part essentielle, présente des signes d’épuisement, à moins que notre espèce ne s’apprête à le laisser lentement derrière elle, par désintérêt, aveuglement ou distraction.
Juan Gabriel Vásquez, La Traduction du monde, 2023.

Le projet humaniste. N’oublions pas qu’à l’origine il s’agissait de la relecture des textes anciens. Relecture ne rime pas avec passéisme mais avec dialogue. Les textes anciens n’appartiennent pas au domaine des données figées dans leur temps. Ils n’ont pas été écrits pour alimenter nos machines mais pour parler avec nous, comme cela se fait entre amis, dirait Yann Brunel.

De nos jours, nos « anciens » sont les écrivains d’hier, telle est désormais la force du rejet de tout ce qui vient du passé. Oui, Italo Calvino, Leonardo Sciascia (Massimo Rizzante) et Richard Jorif (Thierry Gillybœuf), c’était encore hier.

Et la guerre est de retour. Après, elle prendra fin et nous dirons « Plus jamais ça ». Et plus tard, le jour viendra où nous lirons La Maison vide, de Laurent Mauvignier (Thomas Arteau) pour comprendre la constance de notre sauvagerie. Ou, peut-être, sur la question de la constance de notre sauvagerie, nous pouvons nous faire une première idée, dès maintenant, grâce à Dog Fiction, de Pia Petersen (Grégory Rateau).

Chaque commentaire sur un roman est aussi l’occasion pour réfléchir sur tel ou tel aspect de l’art du roman. Ce que font ici de manière exemplaire Théo Ananissoh, Baptiste Arrestier et Trevor Cribben Merrill. Savons-nous ce qu’est cet art ? Bien sûr que non. Mais sans l’hypothèse que cet art existe bel et bien, tous nos travaux critiques tomberaient dans le vide et L’Atelier du roman perdrait sa raison d’être.

Rien n’empêche que la réflexion d’un romancier sur l’art du roman soit inspirée de sa propre œuvre (Gabriel Boksztejn).

La nouvelle… S’occuper des énigmes esthétiques, c’est s’occuper des énigmes du monde.
L. P.